Ça n'engage que moi !

Un spectacle engagé un jour sur deux

Avec sa férocité et son aisance scénique dignes d’un Coluche, son physique de roi du stand up (qu’il va dézinguer autant que les communautarismes et les comportements à la con), ce jeune comédien devrait rapidement faire de son prénom un grand nom de l’humour vachard.

Il a déjà tout, du texte, de l’à-propos et un sens aigu de l’observation. Un énorme coup de cœur !

Du rire en barres !

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Sketch : La femme pilote de ligne

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Culture et Cie

Yanik : du rire en barres !

Avec sa férocité et son aisance scénique dignes d’un Coluche, son physique de roi du stand up (qu’il va dézinguer autant que les communautarismes et les comportements à la con), ce jeune comédien devrait rapidement faire de son prénom un grand nom de l’humour vachard. Il a déjà tout, du texte, de l’à-propos et un sens aigu de l’observation. Un énorme coup de cœur ! Du rire en barres !

Par Franck Bortelle Dans les années 70, un petit gros en salopette avait comme personne su capter l’air du temps en dézinguant la classe politique, les cathos, les footeux, les marques de lessive ou encore les jeux télévisés débiles en poussant le sarcasme là où personne encore n’avait osé s’aventurer. Depuis un triste après-midi d’été 1986, la France était orpheline de son plus génial comique dont la relève semblait à jamais improbable. Le consensus s’est immiscé dans tout, les humoristique se sont mis à ne parler que d’eux. Cet égocentrisme n’a pas fait que des dégâts mais il manquait à un public avide de jusqu’au-boutisme dans la diatribe un trublion, un porte-parol en connivence avec son époque, avec les bons mots pour la fustiger. Il est probablement un peu tôt encore pour parler de Yanik comme du Coluche des années 2000. Et pourtant…

En une heure et demi, ce jeune humoriste va en étonner plus d’un. L’aisance sur scène est bluffante. Il n’est pas le seul à avoir cette chance-là. Moins fréquents en revanche sont ceux qui sont capables, grâce à un texte tiré au cordeau et immensément drôle, de s’aventurer aussi loin dans l’analyse sociologico-rigolarde de notre quotidien. Ça va partir d’un couplet ravageur sur les religions. Bonne mise en bouche pour mitrailler les communautarismes ou simplement les groupes fumeux auxquels nous nous agrégeons par des comportements sans équivoque, de nos agissements de gros cons de Français et surtout de Parisiens, ou de vos petites manies ou handicaps, mesdames. Ajoutés à cela un couplet sur ceux qui en disent trop les dyslexiques), ceux qui feraient mieux d’en dire un peu plus (les mimes), ce que ne disent jamais les hommes puis les femmes… Le mot avant tout, donc ? Oui mais avec pour consigne : « Ne gaspille pas les mots : pense aux petits muets qui n’en ont pas ».

Il convient donc de prévenir les futurs spectateurs que le consensuel ne sera pas de mise ici. Mais avec l’humour, tout passe. Surtout quand ce dynamitage s’accompagne de l’essence même du performer : la technique qui ne se laisse pas voir. Il ne s’agit pas de faire copain avec les trois premières rangées de spectateurs mais de faire marrer une salle entière à l’unisson. Contrairement aux apparences, le défi peut être de taille. Et pour le relever, le texte drôle ne suffit pas. Le talent de comédien, dont Yanik est plus que pourvu lui permet d’appréhender à la seconde près ses effets. Les répliques tombent comme des couperets hilarants. Ce qui rend son show aussi redoutable qu’efficace.

Théâtrorama

Un pari risqué 90 minutes, une présence remarquable.

D’autres aussi font preuve de charisme ; seulement, la plupart du temps, ils ne parviennent à rendre compte, avec autant d’acuité et de verve, du contexte sociologique de notre époque. Le spectacle démarre sur le thème – « oh combien » polémique aujourd’hui ! – des religions : qu’on soit juif, catholique ou autre, on en prend pour son grade ; Yanik fustige les communautarismes. Il n’hésite pas ensuite à critiquer les habitudes des parisiens, leur côté râleur et leurs petits bobos en tout genre. Il égratigne tout le monde et n’épargne personne : les dyslexiques, les mimes, les hommes, les femmes, ceux qui ne disent rien, ceux qui restent dans le silence, ceux qui parlent trop souvent, et surtout ceux qui parlent pour ne rien dire. Car le mot est mis à l’honneur et le gaspillage interdit !

Un pari tenu Point de consensus : la provocation est bienvenue ! Mais avec subtilité. C’est avec intelligence que Yanik applique la règle des grands classiques : « Il faut instruire les mœurs en riant », alors… l’humour est de mise ! Le but, ici, est de divertir, et le pari réussi : on assiste à la performance d’un véritable artiste. Tout le monde se marre : Yanik touche chacun. Et pas seulement grâce à son texte, mais aussi parce que ce jeune homme est, avant tout, un comédien. Aucun effet ne tombe à plat : le rythme est soutenu et le spectacle mené tambour battant. Yanik nous convie à un véritable show tout en nous entraînant dans une diatribe sensée et intelligente : ça fait du bien !

Le jeune « beau gosse » confesse une enfance heureuse, difficulté réelle pour un futur artiste ; c’est pourquoi, pour exprimer son humour et sa pensée, il affiche clairement son appartenance française. Tout comme ses concitoyens, il est râleur : c’est un éternel insatisfait. Dès lors, l’inspiration ne peut manquer : depuis les soucis d’impôts jusqu’aux problèmes de bagnole, les sujets sont inépuisables. La pensée « bien-pensante » est pour lui l’occasion de s’amuser un peu. Comment ça ? Il est mal venu de se moquer de telle ou telle communauté, si on n’en pas issu ? Qu’à cela ne tienne ! Yanik s’en prend à chacune d’elles avec bravoure… Notre humoriste se rit de tout, avec une étonnante mauvaise foi qui ne gâche rien ! Bien sûr, quelques jeux de mots peuvent paraître un peu faciles, mais l’esprit et la qualité sont là. On lui pardonne aisément ces quelques manques : il a un impressionnant talent de conteur ! Encore quelques retouches, et le tableau sera digne des grands maîtres ! Car s’il y a quelques passages à vides, comme celle de sa parodie su stand-up, Yanik a son phrasé, son rythme, son style…c’est indéniable !

Le tout Paris

Yanik, un comique pas comme les autres.

On pourrait penser que le paysage comique français commence à tourner en rond, et bien, ce serait se mettre le doigt dans l’œil, et il n’y a qu’à aller voir Yanik pour le comprendre.

Aller voir Yanik, c’est comme choisir la part avec la fève dans la galette : on a le choix entre plusieurs parts, et puis on en choisit une qui a l’air assez alléchant, et il se trouve qu’en plus d’être alléchante, elle nous fait gagner le gros lot et nous conforte dans l’idée qu’on a fait le meilleur choix possible.

Loin des stéréotypes et des sujets basiques des comiques d’aujourd’hui (même si les filles et facebook en prennent, comme d’habitude, pour leur grade), Yanik réussi ce qui pourrait presque passer pour un exploit aujourd’hui, nous faire rire sur quelque chose que nous n’aurions jamais imaginé !
Des suppositoires à la vraie vie de Jésus (Jèze pour les intimes) Yanik est drôle, percutant et plein d ‘énergie.

Lorsqu’il parle de sujets plus communs, il le fait avec tact, ne nous sert pas ce qui a été vu et revu, et arrive à tirer quelque chose d’innovant, dont on aurait jamais eu l’idée, comme par exemple, nous parler du groupe facebook « J’ai pété la gueule à un mime au festival d’Avignon », et en tirer un sketch hilarant.

La salle est réceptive, rit aux éclats, et en redemande. On sent un vrai lien entre l’artiste et son public, et cela fait vraiment chaud au cœur. Un vrai moment agréable comme il en faudrait plus dans la semaine, qui passe beaucoup trop vite.

Le Most : « Avec un point noir au milieu ». Pour nous dire au revoir, Yanik se met à la guitare et nous chante une chanson d’amour comme on n’a pas l’habitude de les entendre, mais qui vaut son pesant d’or avec un quelque chose dans la voix qui nous rappellerait presque Francis Cabrel. En bonus, le clip de la chanson, visible sur le site officiel de Yanik !

Youhumour

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